Rencontre entre FO et la direction de Safran : la question du partage des richesses au cœur des débatsImprimer

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Ce vendredi 21 février, la Coordination FO Safran a rencontré le Directeur général du groupe et le Directeur des ressources humaines. Cette rencontre en tête-à-tête a permis d’aborder plusieurs sujets stratégiques, notamment la répartition des richesses générées collectivement par les salariés et la nécessité d’investissements industriels en France.

Des résultats financiers exceptionnels portés par l’engagement des salariés

L’année 2024 a été marquée par des résultats record et une forte croissance pour Safran, portée par notre engagement sans faille. Plusieurs d’entre nous ont multiplié les heures supplémentaires, parfois au détriment de notre vie personnelle, tandis que d’autres ont travaillé sous forte pression en raison des tensions d’approvisionnement. Du côté des cadres et des fonctions support notamment, la charge de travail a conduit certains à l’épuisement.

Bien évidemment, nous avons abordé les négociations salariales en cours dans le Groupe en remontant qu’avec des enveloppes d’augmentations de 2,50 % de la masse salariale, pour FO le compte n’y était pas !

« Dans un Groupe en bonne santé, on doit avoir de bons salaires, dans un Groupe en très bonne santé, de très bons salaires ! »

Une répartition des richesses contestée

Nous avons également réitéré la revendication de nos équipes syndicales FO Saran d’ouvrir une négociation sur une Prime de Partage de la Valeur. Nous avons remonté le très fort sentiment d’injustice que nous avons lorsque la gouvernance de Safran choisit de consacrer 5 Mds d’euros dans le programme de rachat et d’annulation d’actions afin de faire le monter le cours en bourse et d’augmenter toujours plus les dividendes des actionnaires. Ce choix est difficilement justifiable au regard des efforts consentis par les salariés et nous avons rappelé que 5 Mds d’euros, c’était deux ans de salaires des 50 000 salariés en France ou 100 000 € par salarié !

« Une redistribution plus équitable des bénéfices est indispensable ! »

Sur la question de la reconnaissance, nous avons porté la voix des nombreux collègues qui se sont sentis dévalorisés et déconsidérés lors de l’application de la nouvelle convention collective de la métallurgie et cette classification des emplois à la sauce Safran qui laisse beaucoup d’amertume…

Le nécessaire soutien de nos fournisseurs

Nous avons aussi parlé avec le Directeur général du soutien de notre chaîne de fournisseurs et des difficultés rencontrées par nos sous-traitants : difficultés de recrutements et besoin de compétences rares, pénurie de matières premières, besoin de trésorerie pour soutenir les montées en cadence tout en devant rembourser les Prêts Garantis par l’Etat (PGE). Jusqu’à présent Safran a maintenu la majeure partie des commandes chez nos fournisseurs malgré la baisse de production liée à Boeing. Nous restons vigilants sur l’état de santé des fournisseurs chez qui FO a de multiples relais et qui contribuent à la création de richesse de Safran.

L’implantation de la future usine de freins carbone : un enjeu industriel et écologique

Autre sujet clé de la rencontre : l’avenir de la future usine de freins carbone pour avions de ligne. Nous avons insisté sur la nécessité de respecter les engagements pris en 2019, qui prévoyaient une implantation dans la métropole de Lyon.

Selon nous, plusieurs arguments plaident en faveur de cette localisation :

>> Les innovations développées à Villeurbanne permettent de réduire par cinq la consommation de gaz naturel, innovations subventionnées pour partie par des financements publics.

>> La France dispose d’une électricité décarbonée, contrairement à d’autres pays.

>> La proximité avec les clients européens et du Moyen-Orient constitue un avantage logistique et stratégique.

« Il y a un véritable enjeu écologique à privilégier le made in France ! »

Pour FO, l’implantation de cette usine en France ne doit pas être remise en cause, d’autant plus que les engagements initiaux avaient été pris au plus haut niveau de l’État.

Des investissements attendus sur plusieurs sites

Enfin, la question des investissements industriels a été abordée. Nous avons souligné l’urgence de moderniser plusieurs sites de production, en particulier :

>> Blagnac (Safran Ventilation Systems), où un nouveau bâtiment est nécessaire pour accompagner la montée en cadence de l’activité.

>> Dinard (Safran Landing Systems), qui attend un investissement dans un bâtiment dédié au traitement de surface, afin de préserver des compétences essentielles en interne.

>> Issoudun (Safran Seats), où 1 500 salariés attendent depuis plusieurs années des améliorations des conditions de travail, notamment la création d’un restaurant d’entreprise et d’un véritable parking.

Nous attendons des engagements concrets

À l’issue de cette rencontre, FO attend des actes de la direction et non de simples déclarations d’intention. Pour nous, les résultats de Safran doivent bénéficier à ceux qui les produisent, et les investissements doivent être orientés vers l’industrie française et l’amélioration de nos conditions de travail.

Lire le tract :

2025-02-FO_rencontre_DG

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