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Les salariés dans la rue contre la fermeture programmée du site

Sous un grand soleil et au pied de la traditionnelle montgolfière rouge FO Yvelines, près de 150 salariés du site Safran de Mantes se sont rassemblés ce jeudi 28 mai 2026 devant l’usine, à l’appel de deux organisations syndicales dont FO.

Un chiffre loin d’être anecdotique : il représente près de la moitié des 412 salariés en CDI de l’établissement, qui compte au total quelque 500 personnes intérimaires et prestataires inclus.

À leurs côtés, une cinquantaine de salariés venus en soutien d’autres sites Safran, dont le délégué syndical de Saint-Marcel précisément l’un des établissements appelés à accueillir les transferts. Gilets rouges, drapeaux et banderoles déployés, barbecue installé près de la sortie d’usine : la mobilisation, conviviale mais déterminée, portait un message sans ambiguïté.

« Nous refusons que l’avenir du site de Mantes se décide sans les salariés », ont martelé les représentants FO au micro.

Au cœur des inquiétudes : un projet de fermeture programmée du site, assorti de transferts d’activités et de salariés vers d’autres établissements du groupe.

Selon les chiffres avancés, 270 salariés seraient transférés vers Saint-Marcel, 30 vers Saint-Ouen-l’Aumône, et 112 seraient considérés comme « doublons », sans solution claire à ce stade.

Soit, au total, les 412 CDI du site : c’est bien l’ensemble de l’établissement qui est concerné.

FO rappelle avoir alerté dès l’an dernier sur les risques pesant sur l’emploi dans le bassin du Val de Seine, et en particulier sur Mantes.

« À l’époque, nos inquiétudes ont été minimisées. Aujourd’hui, les faits sont là », souligne Gökhan DAL, qui établit un lien avec le rachat de Collins par Safran.

La direction assurait alors qu’il n’y aurait pas d’impact pour les sites de Safran Electronics & Defense ; pour FO, ce discours a changé, et ce sont désormais les salariés de Mantes qui risquent d’en payer le prix.

« Le volontariat, oui, mais avec des garanties »

La direction met en avant le principe du volontariat. Une approche que FO ne rejette pas par principe, mais qu’elle juge aujourd’hui dénuée de réponses concrètes : quels postes, quels sites, quelles garanties, quel accompagnement, quelle stratégie industrielle ? « À ce jour, ces réponses ne sont pas là. FO entend peser dans la négociation et s’assurer que chaque salarié trouve une solution qui lui convienne. », » Déclare Karen DAVY, Déléguée Syndicale Centrale (DSC) de Safran Electronics & Defense.

Derrière les chiffres, FO met en garde contre la perte de compétences industrielles rares.

« Avec les délocalisations, une nation qui perd ses savoir-faire c’est une nation qui ne sait plus faire. », résume Julien LE PAPE, Coordinateur des syndicats FO du Groupe Safran.

Le syndicat redoute aussi pour les salariés transférés un changement de structure juridique, et s’interroge sur le devenir de leurs droits, de leurs conditions de travail et de leurs garanties collectives.

Des doutes sur la faisabilité industrielle

FO conteste par ailleurs la faisabilité même du projet. Le site d’accueil de Saint-Marcel, déjà vieillissant et contraint, disposera-t-il des surfaces et des infrastructures nécessaires pour absorber les moyens industriels et les salariés de Mantes ? C’est tout l’enjeu de l’expertise lancée pour analyser la faisabilité industrielle, les impacts humains et les capacités réelles des sites d’accueil. « FO refuse que l’on déplace simplement le problème d’un site à un autre », prévient l’organisation.

Le syndicat conteste aussi le vocabulaire managérial du « centre d’excellence » : « Un centre d’excellence ne se décrète pas, il se construit avec des infrastructures modernes, des outils performants et surtout avec des compétences humaines. » Or, rappelle FO, ces ingénieurs, techniciens et experts vivent et travaillent en Île-de-France.

La solution ne serait donc pas de quitter le bassin, mais d’y investir d’autant que plusieurs millions d’euros y ont déjà été engagés ces dernières années.

Le syndicat avance des exigences claires : aucune mobilité imposée, des garanties sociales solides, un accompagnement réel et financé, des solutions ouvertes sur l’ensemble des sites Safran en France et un véritable projet industriel alternatif pour Mantes après 2030.

Sur la banderole accrochée aux grilles, on pouvait lire : « Nos efforts ont une valeur. FO veille à ce que Safran s’en souvienne. »

Une formule qui résume l’état d’esprit du jour. Salués par les représentants FO, les DSC, coordinnateurs et le secrétaire du Val de Seine étaient présents aux côtés des salariés.

« Nous ne sommes pas résignés. Nous voulons être entendus », ont conclu les organisateurs, promettant de suivre chaque engagement pris par la direction.

Le mot d’ordre, scandé jusqu’au bout : « Mantes reste mobilisée. »

Le Secrétaire Syndicat FO Métallurgiste du Val De Seine

 

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Prise de parole du Délégué Syndical FO de Mantes

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Une partie de l’équipe FO Safran de Mantes soutenue par des camarades du Groupe Safran de Gennevilliers, Caudebec-lès-Elbeuf, Saint-Marcel et des camarades du Val-de-Seine.

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« Nos efforts ont une valeur. FO veille à ce que Safran s’en souvienne. »

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